Le smartphone, ce puits de science

Le smartphone, ce puits de science

Un nouveau venu est entré dans nos conversations. C’est ennuyeux car il a une réponse à tout. Mais c’est un tel puits de science qu’il nous est difficile de vivre sans lui. Face à face, nous sommes désormais trois. Il nous suit à table, à nos amis, à la voiture, au train.

On comprendra que je parle de cet ordinateur de poche que l’on appelle à tort mobile car il est bien plus que cela. Récemment, lors d’un voyage (dûment autorisé), le mien est tombé de ma poche dans la voiture qui m’a emmené à la gare et nous avons été séparés pendant trois jours. Ma vie a changé. C’est ennuyeux d’être si dépendant d’une machine, mais le fait est. J’ai dû avertir un certain nombre de correspondants qui pourraient essayer de me contacter sur ce qui se passait, car le manque de réponse rapide à un message est maintenant interprété comme intentionnel. Je devais trouver un réveil en état de marche, mon petit assistant depuis longtemps qui s’occupait de me réveiller le matin au son d’un excellent morceau de jazz. Et je me suis retrouvé séparé de cet immense référentiel de documentation qui est un ordinateur (ou un ordinateur ou un intellectuel).

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Vous et moi nous sommes habitués à l’incroyable luxe de pouvoir obtenir la réponse à une question qui aurait nécessité de véritables recherches il y a quelques années dans une minute. En lisant des textes de Jean Giono, nous entendons le mot enveloppé pour la première fois. Est-ce une invention de ce virtuose du langage? Mais non, faites-nous savoir immédiatement – et silencieusement – Réponse à tous: le verbe existe, avec un sens propre, «Couvrir (avec un manteau, avec une couverture)» notamment. «Couverture (avec des vêtements religieux)» et une figue. “Cacher” (1).

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Nous avons choisi la merveilleuse formule Mors stupebit lors d’un repas. Ces mots signifient quelque chose pour nous et nous croyons les comprendre, mais pour les confirmer, nous demandons la traduction qui nous est gentiment donnée: «la mort s’émerveillera». Nous n’osons pas aggraver notre cas en nous interrogeant sur l’origine de la formule, d’autant plus que nous sommes sûrs d’être éclairés dès que nous pourrons consulter Answer to All. C’est un euphémisme de dire que nous sommes satisfaits: en quelques clics, on nous donne l’origine, le Dies irae – bien sûr – le texte du vers, en latin, en français, “La mort sera assommée, comme la nature, quand la créature sera ressuscitée “, l’adaptation en vers de cet hymne de La Fontaine, plusieurs versions de chacun des plus célèbres Dies irae chantés, par Lully, Mozart, Verdi. On peut même mesurer la différence de prononciation du latin en fonction si nous chantons Lully ou Verdi.

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Answer-All nous fournit même des idées inédites sur des puzzles qui nous dérangent depuis longtemps. Quant à moi, je me demande depuis des années ce que signifie exactement se calmer, c’est-à-dire quel est le phénomène derrière cette expression, dont on me dira qu’elle est elliptique. J’ai interrogé deux ou trois médecins, qui à chaque fois me regardaient mal et me disaient: De toute façon, attraper un rhume, inutile de dire, qu’est-ce que vous n’y comprenez pas? Eh bien, la voici, la réponse est dans notre poche. Si vous avez un quart d’heure devant vous, vérifiez votre téléphone portable. Comme moi, vous serez plein d’indulgence pour les médecins: ce n’était pas facile de me répondre car prendre un rhume ne veut rien dire. Il semble évident que nous avons le rhume ou la grippe plus souvent en hiver qu’en été. Une température basse rendrait-elle le corps humain plus réceptif aux bactéries ou aux virus? Personne n’a pu le prouver. Notre système immunitaire est-il affaibli par le froid? Rien ne le prouve. Vivons-nous plus en groupe en hiver qu’en été? Non. Tout au plus, les virus se sont révélés plus actifs dans les environnements froids (tant que la température n’est pas inférieure à zéro) que dans la chaleur. En d’autres termes, nous pouvons passer plusieurs heures dans le froid, si nous ne sommes pas exposés à des virus ou des bactéries nous ne «attraperons» rien, ni rhume, grippe ou bronchite. Nous sommes à risque de gel ou d’hypothermie. Mais ce n’est pas ce que les parents ont à l’esprit lorsqu’ils disent à leurs enfants: fermez votre manteau et rafraîchissez-vous. Nous devons nous les expliquer, nous disons-nous (et nous commençons à comprendre): mettez votre masque et passez vos mains sur le gel hydroalcoolique. C’est aussi pertinent sur la plage que sur la patinoire.

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Sources :

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