Climat: La planète toujours vers un réchauffement de 3°C

Climat: La planète toujours vers un réchauffement de 3°C

A trois jours d’un « sommet de l’ambition climatique », l’ONU prévient que le monde est encore loin des objectifs de l’accord de Paris de 2015. Malgré la baisse des émissions de CO₂ due au Covid-19.

A trois jours d’un «sommet ambition climat», l’ONU avertit que le monde est toujours très loin des objectifs de l’accord de Paris de 2015. Malgré la baisse des émissions de CO₂ due au Covid-19.

A trois jours d’un «sommet ambition climat», l’ONU avertit que le monde est toujours très loin des objectifs de l’accord de Paris de 2015. Malgré la baisse des émissions de CO₂ due au Covid-19.

À la fin du siècle, la trajectoire de réchauffement est estimée à 3,2°C plus élevée, alors même que tous les engagements actuels de Paris ont été respectés, ce qui est souvent loin d’être le cas. Lire aussi : Jupiter brûle-t-elle ? Découvrez la plus grosse planète du système solaire sous un nouveau jour grâce aux nouvelles images époustouflantes de Hubble.

La baisse des émissions de gaz à effet de serre due à la pandémie de Covid-19 aura un effet « insignifiant » et le monde se dirige toujours vers 3 degrés de réchauffement, loin des objectifs de l’accord de Paris, qui achèvera samedi cinq ans, prévient l’ONU mercredi.

A trois jours d’un « sommet de l’ambition climatique » visant à donner un nouvel élan aux engagements internationaux pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C et, si possible, 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle, le Programme des Nations Unies pour l’environnement ( PNUE) tire à nouveau la sonnette d’alarme.

Et il prévient dans son rapport annuel comparant les émissions réelles de gaz à effet de serre à celles compatibles avec les objectifs de Paris que la reprise post-Covid devra être sérieusement verte si le monde veut éviter le pire.

Pour garder espoir de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites de 7,6 % par an, chaque année de 2020 à 2030, selon l’ONU.

Ces émissions ont augmenté en moyenne de 1,5 % par an au cours de la dernière décennie, atteignant un record en 2019 (59,1 gigatonnes, ou milliards de tonnes, soit + 2,6 % de plus qu’en 2018). Mais la pandémie de Covid-19, en fermant une grande partie de l’économie mondiale et de l’activité humaine pendant des mois, a provoqué un net ralentissement. Les émissions devraient ainsi baisser d’environ 7 % en 2020 pour le CO2, principal gaz à effet de serre (un peu moins pour les autres).

Négligeable

Mais ce revirement est cyclique et n’aura qu’un effet « négligeable » à long terme, avec environ 0,01 degré de réchauffement évité d’ici 2050, préviennent les experts de l’ONU. A voir aussi : Le drapeau rouge aux cinq étoiles sur la planète Mars.

Et à la fin du siècle, la trajectoire de réchauffement est estimée à 3,2°C plus élevée, même si tous les engagements parisiens actuels ont été respectés, ce qui est souvent loin d’être le cas.

Cependant, avec +1°C enregistré depuis l’ère préindustrielle, les effets du réchauffement sont déjà perceptibles. Les cinq années écoulées depuis la signature de l’Accord de Paris ont été les plus chaudes jamais enregistrées, et « les incendies, les tempêtes et les sécheresses continuent de faire des ravages alors que la glace fond à un rythme sans précédent », a déclaré la chef du PNUE, Inger Andersen.

Derrière ce sombre tableau, l’ONU veut voir une bonne nouvelle : la pandémie peut servir de leçon et le monde peut mettre en œuvre une véritable « reprise verte » : soutien direct et massif aux infrastructures et technologies décarbonées, réductions des subventions aux énergies fossiles, fin des centrales à charbon, développement des « solutions fondées sur la nature », reboisement à grande échelle, par exemple.

Cela permettrait « de réduire jusqu’à 25 % les émissions attendues d’ici 2030 sur la base des politiques pré-Covid-19 » et donnerait 66 % de chances de contenir le réchauffement en dessous de 2°C, et encore moins de 1,5° vs.

Moteur de crise

Mais pour l’instant, malgré les centaines de milliards dépensés par les États pour renflouer leurs économies, « la fenêtre pour utiliser des mesures de relance pour accélérer une transition bas carbone a généralement été perdue », préviennent les auteurs. A voir aussi : Comment recycler un jean. « Sans rebondissement, les objectifs de l’Accord de Paris s’éloigneront encore plus. »

Le PNUE encourage donc les États qui ont annoncé des calendriers de « neutralité carbone » à mettre immédiatement en œuvre des stratégies pour les atteindre. Car la diplomatie climatique a aussi été interrompue par la pandémie et la COP26, qui était censée recueillir les nouveaux engagements renforcés, a dû être reportée d’un an jusqu’en novembre 2021. Même si les États doivent pourtant présenter leurs nouveaux engagements d’ici la fin de la an .

L’ONU avertit également que la « justice » dans les efforts sera « centrale » au succès, car les émissions des 1% les plus riches de la population mondiale sont le double de la moitié la plus pauvre.

« La pandémie est un avertissement que nous devons de toute urgence quitter notre voie destructrice de développement, moteur des trois crises mondiales : changement climatique, perte de biodiversité et pollution. Mais c’est aussi clairement une opportunité (…) de protéger notre climat et notre nature dans les prochaines décennies », conclut le patron du PNUE.

Sources :

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